Salut les futurs AS ! Tu t’apprêtes à partir en stage et tu veux être au point sur la prise des constantes ? Bonne nouvelle : c’est l’un des gestes que tu vas réaliser le plus souvent, et le maîtriser te donnera une vraie confiance face à l’équipe soignante.

Les 5 constantes vitales à connaître sur le bout des doigts
1. La tension artérielle (TA)
La tension artérielle mesure la pression du sang sur les parois des artères. Elle s’exprime en deux chiffres : la systolique (pression maximale) et la diastolique (pression minimale).
- Valeurs normales chez l’adulte : entre 100/60 mmHg et 140/90 mmHg (normes HAS)
- Valeurs d’alerte : en dessous de 90/60 mmHg (hypotension) ou au-dessus de 180/110 mmHg (urgence hypertensive)
- Erreur fréquente de débutant : prendre la tension par-dessus les vêtements ou avec un brassard mal positionné. Place-le sur le bras nu, 2 cm au-dessus du pli du coude, au niveau du cœur. Laisse le patient au repos 5 minutes avant la mesure.
2. La fréquence cardiaque (FC ou pouls)
Le pouls correspond au nombre de battements du cœur par minute. Tu peux le mesurer au poignet (artère radiale), au cou (carotide) ou via l’oxymètre de pouls.
- Valeurs normales au repos : entre 60 et 100 battements par minute (bpm)
- Valeurs d’alerte : en dessous de 50 bpm (bradycardie) ou au-dessus de 120 bpm au repos (tachycardie)
- Erreur fréquente de débutant : compter sur 15 secondes et multiplier par 4. La moindre erreur d’un battement fausse le résultat de 4 bpm. Compte plutôt sur 30 secondes et multiplie par 2, surtout si le pouls semble irrégulier.
3. La saturation en oxygène (SpO2)
La SpO2 indique le pourcentage d’hémoglobine saturée en oxygène. Elle se mesure avec un oxymètre de pouls placé au bout du doigt.
- Valeurs normales : entre 95 % et 100 %
- Valeurs d’alerte : en dessous de 94 % chez un patient sans pathologie respiratoire connue (en dessous de 88-90 % chez un patient BPCO, selon prescription)
- Erreur fréquente de débutant : placer le capteur sur un doigt avec du vernis à ongles ou sur des mains froides. Le vernis foncé et le froid faussent la mesure. Demande au patient de retirer son vernis ou essaie un autre doigt.
4. La température corporelle
La température reflète l’équilibre thermique de l’organisme. Selon le site de mesure (axillaire, tympanique, frontale, rectale), les valeurs de référence varient.
- Valeurs normales : entre 36,1 °C et 37,8 °C (voie tympanique)
- Valeurs d’alerte : en dessous de 35 °C (hypothermie) ou au-dessus de 38,5 °C (fièvre). Au-dessus de 40 °C, c’est une urgence.
- Erreur fréquente de débutant : ne pas connaître la correction selon le site de mesure. La température axillaire est environ 0,5 °C inférieure à la température centrale. Si tu mesures 36,8 °C en axillaire, la température réelle est d’environ 37,3 °C. Note toujours le site dans tes transmissions.
5. La fréquence respiratoire (FR)
C’est la constante la plus souvent oubliée, et pourtant l’un des meilleurs indicateurs précoces de détérioration clinique. Compte le nombre de cycles (inspiration + expiration) sur une minute.
- Valeurs normales chez l’adulte : entre 12 et 20 cycles par minute
- Valeurs d’alerte : en dessous de 10 (bradypnée) ou au-dessus de 25 (tachypnée)
- Erreur fréquente de débutant : prévenir le patient qu’on va compter sa respiration. Dès qu’il le sait, il modifie inconsciemment son rythme. L’astuce : fais semblant de prendre le pouls tout en comptant les mouvements thoraciques.
Quand alerter l’IDE ?
En tant qu’AS, tu ne poses pas de diagnostic, mais tu as un rôle essentiel de surveillance et d’alerte. Préviens l’IDE immédiatement si :
- Une constante sort des valeurs normales, surtout si c’est inhabituel pour ce patient
- Tu observes une modification brutale par rapport aux mesures précédentes (même si la valeur reste dans les normes)
- Des signes cliniques associés apparaissent : pâleur, sueurs, confusion, douleur thoracique, dyspnée
- Le patient « ne te semble pas bien », même si les chiffres sont normaux. Ton ressenti clinique compte.
Note toujours l’heure, le site de prise et les circonstances (repos, post-effort) dans tes transmissions écrites. Si tu veux aller plus loin, le comparateur de tensiomètres, oxymètres et thermomètres Mezurilo t’aide à comprendre les différences entre les appareils utilisés au quotidien.
La rigueur fait la différence
La prise des constantes peut sembler simple, mais c’est dans la rigueur de ta technique et ta capacité à repérer une anomalie que tu feras la différence en stage. Chaque mesure correcte, c’est une information fiable transmise à l’équipe soignante.
Entraîne-toi, garde une petite fiche de valeurs dans ta blouse, et n’hésite jamais à demander à l’IDE si un résultat te paraît douteux. En stage, il n’y a pas de question bête, seulement des occasions d’apprendre. Tu vas gérer !